vendredi 18 décembre 2009

Les trois petits cochons

Il était une fois trois petits cochons. Le premier était très sale et habitait dehors sur la paille. Le second était un peu plus propre et habitait dans une maison de fagot. Le troisième était une fée du logis dans sa parfaite maison de brique. Le méchant scientifique arrive la dessus et compte la proportion de germes saprophytes dans l'intestin des petits cochons (les bons germes qui lorsqu'ils sont là limitent le développement des mauvais germes qui donnent la diarrhée). Et bien le premier petit cochon a 90% de germes saprophytes, le deuxième 70% et le dernier 50%. La morale de cette histoire et que trop d'hygiène tue l'hygiène, surtout dans la petite enfance. C'est l'hypothèse de l'hygiène (hygiene hypothesis) pour expliquer l'augmentation des cas d'allergie que l'on constate de nos jours. Mais une autre étude étend cette hypothèse non seulement aux allergies mais aussi aux maladies inflammatoires. Cette deuxième étude a observé une corrélation entre le nombre de maladies dans la petite enfance (infections respiratoires et diarrhées dans les deux premières années) et le dosage sanguin d'un marqueur de l'inflammation à l'âge de 20 ans.
Mulder IE et al. Environmentally-acquired bacteria influence microbial diversity and natural innate immune responses at gut surfaces. BMC biol. 2009;7:79.
McDade TW et al. Early origins of inflammation: microbial exposures in infancy predict lower levels of C-reactive protein in adulthood. Proc Biol Sci. doi:10.1098/rspb.2009.1795

jeudi 17 décembre 2009

La pieuvre irréfutable

L'outils à durant une période été considéré comme l'apanage de l'homme (cf Homo habilis)... cependant, les naturalistes ont de plus en plus décrit l'usage d'outils dans le monde animal (loutre, chimpanze, oiseau...). Aujourd'hui l'usage d'outils a même été observé chez un invertébré : vous voulez une pieuvre et bien la voilà :

mardi 8 décembre 2009

Un bon bailleur...

Un bon bailleur en fait bailler dix. La sagesse populaire l'avait bien constaté, le baillement est contagieux. Beaucoup d'espèces animales baillent (voir le site du baillement http://www.baillement.com/) et ce baillement est contagieux chez certaines espèces proches de l'homme. Dans mon billet du 26 octobre 2009, je vous parlais de la contagion emotionnelle : l'expression faciale d'une émotion est contagieuse entre interlocuteurs. Est-ce que la contagion du baillement ne serait que la contagion de son expression faciale ?
Les singes géladas baillent selon trois formes : en recouvrant leurs dents de leurs lèvres, en découvrant leurs dents mais pas leurs gencives et en découvrant dents et gencives. Et bien le baillement est contagieux chez les géladas en respectant sa forme. Mais aussi, plus deux géladas sont socialement proches (c'est à dire, plus l'épouillage réciproque est fréquent), plus le baillement est contagieux entre eux. De bons arguments pour un mécanisme commun entre contagion émotionnelle et contagion du baillement.
Palagi et al. Contagious yawning in gelada baboons as possible expression of empathy. PNAS 2009;106:19262-7.

lundi 7 décembre 2009

Lois d'échelle

Dans mon billet du 27/02/09 j'évoquais les lois d'échelle. Ces lois disent que plus un animal est gros, plus ses organes sont gros (un éléphant a un plus gros cerveau qu'une souris !). C'est une évidence, mais ces lois disent que la taille d'un organe est mathématiquement liée à la taille de l'animal. Les travaux d'une équipe ayant réanalysé de multiples données viennent toutefois contredire les lois d'échelles.
CR White et al. Phylogenetically Informed Analysis of the Allometry of Mammalian Basal Metabolic Rate Supports Neither Geometric Nor Quarter-Power Scaling. Evolution 2009;63:2658–2667.
Pour un début de bibliographie contradictoire sur les lois d'échelle :
West GB, Brown JH, Enquist BJ. A general model for the origin of allometric scaling laws in biology. Science 1997;276:122-126. (La référence !)
Whitfield J. All creature great and small. Nature 2001;413:342-344 (Scaling laws <> Blood supply)
de Jong G. Is invariance across animal species just an illusion? Science 2005;309:1193-1195 (une critique des lois d’echelle)
Site anaesthetist.com
http://www.anaesthetist.com/physiol/basics/scaling/Findex.htm#index.htm

mercredi 2 décembre 2009

L'Homme au sommet de l'évolution ?

Si l'homme est au sommet de l'évolution, c'est qu'il a atteint la perfection et qu'il n'a plus de raison d'évoluer. Cette affirmation est contredite par deux études récemment publiées.
Tout d'abord, des scientifiques se sont penchés sur l'étude de Framingham. Il s'agit du suivi de la population d'une petite ville américaine (Framingham), suivi qui a débuté en 1948 et qui se poursuit toujours : une mine de renseignements ! Ces scientifiques ont montré que les femmes évoluent vers une plus petite taille, un profil plus trapu, un taux plus bas de cholestérol, une pression artérielle plus basse, un premier enfant plus précocement, et une ménopause plus tardive.
Ensuite, une autre équipe vient de montrer que certains membres de tribus Papoues présentent une mutation génétique les rendant résistant à une infection au prion (la vache folle). Il se trouve que ces tribus pratiquaient comme rite funéraire l'endocanibalisme (manger rituellement le cerveau du membre de leur famille décédé) encore dans les années 50 et que leurs membres étaient volontiers atteints d'une maladie comparable à la vache folle, le kuru. L'exposition au kuru a permis de sélectionner une mutation génétique de la résistance à la maladie qui épargnait les personnes porteuse de la mutation et tuait les autres.
Byars et al. Natural selection in contemporary human population. PNAS 2009, sous presse.
Mead et al. A novel protective prion protein variant that colocalizes with kuru exposure. N Engl J Med 2009;361:2056-2065

mardi 1 décembre 2009

Simplexité




Quand la complexité rencontre la simplicité, c'est une histoire de simplexité !


Ce néologisme est très séduisant surtout lorsque l'on sait que les phénomènes naturels complexes sont régis par des lois simples (selon la théorie du chaos qui dit aussi qu'un battement d'aile de papillon dans la baie de San-Francisco peut entraîner un ouragan aux Philippines).


Voilà que sont publiés quasi simultanément deux ouvrages, l'un en Français intitulé Simplexité (par Alain Berthoz, un grand scientifique Français spécialiste des neurosciences), et le second en Anglais, intitulé Simplexity (par Jeffrey Kluger, un journaliste scientifique). Les grands esprits se rencontrent car il ne s'agit pas d'une traduction !


C'est souvent le cas. Les bonnes idées scientifiques sont souvent dans l'air du temps et on les voit surgir en plusieurs point du globe en même temps. Je n'ai pas encore lu l'ouvrage Berthoz. Mais j'aime bien un commentaire de Simplexity qui compare la constitution américaine tenant sur une seule page aux 10 chapitres et 123 sous chapitres des règles officielles du base-ball (le 1er amendement de la constitution sur la liberté d'expression tient en 45 mots alors que 77 sont nécessaires pour définir la taille et la couleur des numéros des maillots de base-ball).