vendredi 27 février 2009

Le petit cerveau des grands hommes

La taille du cerveau humain fait l'objet d'âpres discussions scientifiques : l'homme est-il réellement un animal à gros cerveau ? L'intelligence est-elle en rapport avec la taille du cerveau ?
Quoi qu'il en soit, il vient d'être démontré que les grands ont des petits cerveaux. Enfin façon de parler ! Disons qu'en vérité, le poids du cerveau des personnes de grande taille est plus petit qu'attendu. Effectivement, les organismes vivant semblent être régis par des lois d'échelle. Ces lois suggèrent que la taille d'un organe doit être proportionnelle à la taille de l'individu... ce qui semble logique. Mais ce n'est finalement qu'en partie vrai pour le cerveau dont le poids augmente moins vite que la taille de l'individu (comme illustré sur la figure ci-dessous). Heymsfield SB, Chirachariyavej T, Rhyu IJ, Roongpisuthipong C, Heo M, Pietrobelli A. Differences between brain mass and body weight scaling to height: potential mechanism of reduced mass-specific resting energy expenditure of taller adults. J Appl Physiol. 2009;106:40-8.

jeudi 26 février 2009

L'Homme au sommet de l'évolution ?

Vous pensez toujours que l'Homme culmine au sommet de l'évolution ? Et vous pensez toujours que le mystère de la vie réside entierement dans les gènes ?
Francis Hallé dans son ouvrage "l'Eloge de la plante" (éditions Points Sciences) nous rappelle que le génome humain ne comporte que 26 000 gènes... et le génome du riz, 50 000 !





lundi 23 février 2009

L'émotion politique

L'émotion est une réaction nécessaire à la survie : c'est elle qui éveillera la peur devant une menace. L'émotion peut se mesurer car la surprise entraîne des réactions physiologiques mesurables dont le but est la protection des organes précieux (nous clignons des paupières devant une menace surgissant brusquement) et la préparation à la fuite (nos mains deviennent moites à la frayeur de façon à les lubrifier pour s'échapper de branche en branche comme nos ancêtres mi-homme mi-singe devaient le faire).
La réaction émotionnelle à une menace est très variable d'un sujet à l'autre. Des scientifiques se sont interrogés sur la relation possible entre réaction émotionnelle et orientation politique (Oxley DR, Smith KB, Alford JR, Hibbing MV, Miller JL, Scalora M, Hatemi PK,Hibbing JR. Political attitudes vary with physiological traits. Science. 2008;321:1667-70). Ils ont simplement sélectionné des sujets avec une orientation politique forte (dans un sens ou dans l'autre) et ont mesuré d'une part l'intensité avec laquelle ces sujets clignaient des yeux en réponse à un bruit soudain et d'autre part l'intensité de la sudation des mains en réponse à des images révulsives (une grosse araignée sur un visage effrayé, une victime assommée et ensanglantée, une plaie ouverte remplie d'asticots). Les promoteurs d'une politique sociale montrent une forte réponse émotionnelle à de telles stimulations contrairement aux détracteurs d'une telle politique.
La photo montre comment on peut mesurer l'intensité de la sudation des mains : il suffit de mesurer la conductance de la main entre deux électrodes. Plus la conductance est forte, plus la sudation est importante.

mercredi 18 février 2009

Un bel exemple de science low cost

Exemple qui sera probablement nominé pour le prix annuel de la plus belle étude low-cost (Coates JM et al. Second-to-fourth digit ration predicts success among high-frequency financial traders. PNAS 2009;106:623-628).
L'hypothèse de cette étude est que les traders qui obtiennent le plus de profits sont ceux qui ont bénéficié de la plus forte imprégnation en testostérone durant leur vie prénatale. Cette imprégnation entraîne, entre autre, un annulaire plus long comparativement à l'index ! Les auteurs ont donc demandé à des traders d'une salle de marché une photocopie de leur main afin de déterminer le rapport index / annulaire. Ils ont recherché une corrélation entre ce rapport et le profit du trader… et ça marche… d'ailleurs dans la salle de marché où l'étude a été effectuée, il y avait seulement 3 femmes pour un effectif d'environ 300 traders !
Une photocopie de ma main droite soulignant le ratio index/annulaire

mardi 17 février 2009

L'Homme au sommet de l'évolution ?

Vous pensez toujours que l'Homme culmine au sommet de l'évolution ?
Regardez comme le chimpanzé surpasse les humains dans une tâche de mémoire "photographique" :

lundi 16 février 2009

Elagons l'arbre législatif

Un éditorial récemment publié par Nature demande "l'arrêt de la sur-réglementation de la Recherche à Risque Minimal" (S. Kin et al. Nature 2009;457:534-535) arguant qu'en ce qui concerne la recherche impliquant des volontaires (patients ou sujets sains) une réglementation maximale ne signifie pas protection maximale.
La réglementation de la recherche effectuée sur des volontaires a énormément (et logiquement) évoluée ces dernières années afin de protéger les personnes impliquées dans un protocole expérimental. Cette évolution est souhaitable pour les personnes s'exposant à une procédure comportant un risque (absorption d'un nouveau médicament par exemple). Mais l'est-elle pour les expérimentations qui n'impliquent que des procédures bien connues, sans risque et utilisées tous les jours sur les patients ?
Par exemple, pour enregistrer 5 min de l'électrocardiogramme d'un volontaire sain j'ai besoin de 3 électrodes (7 centimes d'euros pièce) et d'un an de procédures administratives dont le coût s'élève à environ 2000 euros ! Ces investissements en temps et en argent sont-ils eux même éthiques ?

dimanche 15 février 2009

La poule aux yeux dort

Les oiseaux sont soumis en vol aux turbulences atmosphériques. Ils possèdent donc un système capable de stabiliser leur tête et donc leur champ visuel malgrè leurs mouvements (c'est pour cela que les pigeons avancent et reculent la tête lorsqu'ils marchent). Ce phénomène est illustré de façon humoristique sur la vidéo suivante :

Insecte géant

De retour du Brésil, une voyageuse trouve en débouclant sa valise un "caffard géant" (http://www.24heures.ch/actu/suisse/coleoptere-geant-passager-clandestin-bagages-genevoise-2009-02-05) bientôt idéntifié comme étant un spécimen du plus gros insecte connu Titanus giganteus (http://fr.wikipedia.org/wiki/Titanus_giganteus). Le spécimen mesurait 14.5 cm. La taille des insectes est limitée par leur mécanisme de transport de l'oxygène : ce gaz est transporté au sein de l'organisme par un système de tubes creux (les trachées) en contact avec l'air ambiant par des orifices (les stigmates), contrairement à notre système cardiovasculaire qui prend le relais de notre système pulmonaire. Plus l'insecte est gros, plus le volume occupé par les trachées doit être important afin d'assurer une bonne oxygénation... jusqu'à une taille critique pour laquelle le volume des trachées occuperait trop de place par rapport aux autres organes. Théoriquement, cette taille critique est de 32 cm. Cependant, le plus gros insecte connu est notre Titanus giganteus mesurant maximun 17 cm. En fait, le point critique est l'articulation des pattes où les trachées ne peuvent pas avoir un diamètre important. En tenant compte de cette limite, on atteind une taille critique de 16 cm (Kaiser A et al. PNAS 2007;104:13198-13203).